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Younès Rahmoun - "Ghorfa" - du 17 octobre au 12 décembre 2008

Ghorfa originel de Tétouan
Ghorfa originel de Tétouan
Ghorfa originel de Tétouan
Ghorfa originel de Tétouan
Ghorfa-1, L'appartement 22 à Rabat
Ghorfa-1, L'appartement 22 à Rabat
Ghorfa-2, 1ère Biennale de Singapour
Ghorfa-2, 1ère Biennale de Singapour
Ghorfa-2, 1ère Biennale de Singapour
Ghorfa-3, Synesthésie, Saint-Denis (Paris)
Ghorfa-4, Beni Boufrah, Rif
Ghorfa-5, projet pour les Pays-Bas

«J’ai cherché partout le paradis, j’ai voyagé dans différents pays et je ne l’ai pas trouvé, mais j’ai compris qu’il était en moi»   Y.R.

CO21 présente « GHORFA », une exposition d’une série de travaux de Younès Rahmoun qui sont inspirés du petit espace que l’artiste s’est approprié depuis 1998 et durant sept ans dans la maison familiale à Tétouan (Maroc) afin de pouvoir s’isoler et être dans un état propice à la méditation, à la concentration nécessaire à la création. Cette « petite chambre » est l’intérieur d’un volume dessiné par les escaliers qui conduisent à la terrasse sur le toit.

Afin de pouvoir se rendre compte de ce qu’est cet espace originel et de quelle manière il est utilisé, nous projetons le film « Ahad » réalisé en 2003 par Eymeric Bernard, un cinéaste français qui vivait à Casablanca, et qui montre l’artiste en train de travailler dans sa Ghorfa durant toute une journée.

C’est en reproduisant à l’identique l’espace de sa petite chambre dans divers lieux et dans la même orientation que l’original que Younès Rahmoun veut partager son expérience avec le spectateur. Ces reproductions s’appellent «Al-âna / Hunâ» (Maintenant / Ici).

Le projet de reconstruire cette architecture est né en 2006 à L’appartement 22 de Rabat dans le cadre d’une exposition dans laquelle l’artiste présenta une maquette, trois dessins, une animation 3D projetée sur le mur et un plan dessiné à la craie verte sur le sol. Cela lui permit d’expliquer son projet au public.
(Ghorfa-1)

Comme l’idée était d’édifier ce volume dans des matériaux locaux, la première réalisation à l’échelle 1/1 a été construite en planches peintes en blanc pour la Biennale de Singapour quelques mois plus tard. Une lumière verte sortait (par la porte et par un petit trou pratiqué dans une planche) pour marquer l’espace (le ici) et le son d’un tic-tac d’horloge pour marquer le temps (le maintenant).
(Ghorfa-2)

En 2007, Synesthésie, nouveau lieu à Saint-Denis (Paris) qui désire donner une autre dimension à la création par l’utilisation des nouvelles technologies, produit «Ghorfa-3» dans un esprit d’interactivité : le volume est délimité par deux couches de tissus entre lesquelles sont distribuées 99 LEDs vertes. “Lorsqu‘un spectateur s’installe dans la Ghorfa, cela déclenche un programme piloté par des détecteurs de mouvements qui va progressivement allumer les diodes et augmenter leur intensité. Moins le spectateur est en mouvement, plus la lumière est intense. Si le spectateur bouge, l’intensité diminue. Celui qui est à l’intérieur ne voit pas les lumières. Il se concentre sur son état d’esprit, le lieu, son Ici et Maintenant. Et celui qui est à l’extérieur “voit“, si l’on peut dire, l’état de méditation, la concentration de celui qui est à l’intérieur.“ (Ghorfa-3)

Une nouvelle version de cette pièce est réalisée pour notre exposition de Bruxelles.

Au début de cette année, Younès Rahmoun a fait l’acquisition d’un terrain à Beni-Boufrah dans le Rif, là où il passait ses vacances quand il était enfant dans la maison de ses grands-parents. Cet endroit représente beaucoup pour lui. Il y a construit une Ghorfa en pierre au milieu d’amandiers et tracé un chemin dont le parcours a été réfléchi à la façon d’un pèlerinage pour y accéder. Il a l’intention d’y planter trois autres arbres qui ont une dimension symbolique pour lui : un olivier, un figuier et un palmier. Cette construction est un prétexte pour pouvoir parler d’art avec les gens qu’il aime, avec les gens qui travaillent dans les champs, qui vont à la pêche, qui ramassent des plantes médicinales, qui ne savent pas très bien ce qu’est l’art. Ce sera une riche source d’échanges potentielle dans un environnement réellement vivant. (Ghorfa-4)

Ses œuvres et ses pensées ont une dimension sacrée héritée de l’Islam (et plus précisément du Soufisme) ainsi que du Zen. Cette dimension atteint l’universalité.

La couleur verte qui est très présente dans l’exposition est également une référence à l’Islam. La nuance de ce vert est plutôt vive et jaunâtre et représente le renouveau, le printemps, la renaissance, l’éternité et le jardin intérieur de Younès.

Souvent, il associe cette couleur à la lumière, c’est alors une représentation de la spiritualité, de l’illumination.

Une dernière version est en gestation pour la Hollande : l’idée est d’exprimer le fait que dans cinquante ans le niveau de la mer aura augmenté de six mètres. Une première version était d’élever une Ghorfa sur des pilotis de six mètres de haut, mais ce projet a été abandonné pour des raisons de sécurité. La dernière version est une “Ghorfa-caravane“ qui pourra se déplacer lors de la montée des eaux. (Ghorfa-5) 

Michel Moffarts
Bruxelles, octobre 2008

Ces créations ont été ou seront réalisées grâce au soutien de :
·       la Ghorfa-1 : L’appartement 22,
·       la Ghorfa-2 : 1ère Biennale de Singapour,
·       la Ghorfa-3 : Synesthésie avec le partenariat de L'appartement 22, du Service de Coopération et d’Action Culturelle de l'Ambassade de France à Rabat, de CulturesFrance et de la Cité Internationale des Arts à Paris,
·       la Ghorfa-4 (Rif) et la Ghorfa-5 (Pays-Bas) : MultiPistes, Fonds BKVB Amsterdam , L’appartement 22 à Rabat, CulturesFrance, Service de Coopération et d’Action Culturelle de l'Ambassade de France à Rabat.

21 rue de tamines 1060 bruxelles
T: 02 537 92 57 GSM: 0485 16 17 83
michel.moffarts.co21@gmail.com